LES FAUTEUILS VOLANTS : Notre défi en traîneau à chiens dans le nord du Canada

LES FAUTEUILS VOLANTS : Notre défi en traîneau à chiens dans le nord du Canada

Résumé : Peu de temps après, le drôle de convoi s'enfonce dans des sentiers d'une blancheur immaculée. On croise lacs et rivières gelés. Tout brille sous le soleil....
 
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Peu de temps après, le drôle de convoi s'enfonce dans des sentiers d'une blancheur immaculée. On croise lacs et rivières gelés. Tout brille sous le soleil.
Le groupe se regarde. Ou plutôt, on se devine derrière les bonnets et les écharpes. Le bonheur est en chacun de nous.
Dès qu'une motoneige s'immobilise, je sursaute : " un des jeunes doit avoir trop froid, il ou elle veut sûrement céder sa place et monter dans la chenillette … ". Tu parles. Il fallait simplement réajuster les élastiques pour ne pas perdre tantôt une chaise roulante, tantôt un bagage.
La joie d'être dans l'extrême n'a pas de limite.
Les " Fauteuils Volants " étaient bien trop heureux de foncer comme ça dans des actions démesurées. Leur résistance et facultés d'adaptations sont impressionnantes. C'est l'apanage du handicap. La plainte n'est pas dans leur quotidien.
Complices d'aventure et accompagnants connaissent déjà ces leçons de vie. Pas nos guides locaux.
Une fois le camp des Ecorces sous nos pieds, tout est à faire.
L'endroit semble tout droit sorti d'un livre de Jack London. Une centaine de chiens qui aboient à tue tête à notre arrivée. Trois bâtiments en bois : un dortoir, le chalet principal et un sauna. L'ensemble surplombe un lac magistral mué en patinoire : le lac côté.
Ci et là, sur les sentiers, des traîneaux, trois ou 4 motoneiges, des luges, des canots retournés en chômage technique et puis rien d'autre. Ce rien qui fait tout. Cette sensation palpable du " au milieu de nulle part ".
On était à deux heures de toute civilisation. Fabuleux…
Les apprentis aventuriers sortent un à un de leurs embarcations. Les motoneigistes en redemandent déjà. Pour l'accueil local, voici venir le propriétaire des lieux : Alain Brénichaud. C'est le compagnon de raid de Nicolas Vanier.
Il explique que jamais de sa vie, il n'a été aussi nerveux.
On le comprend. Lui et son équipe sont des professionnels du traîneau à chiens. Apprivoiser l'hiver canadien, si loin de tout n'est pas à la portée de tout le monde. Et puis là, arrivent 8 adolescents handicapés moteurs. Le coin est inadapté. Les bras travailleront plus dur. La force est en nous.
Pour tous, c'est une première. Le round d'observation sera bref.
On s'installe, dans une joie immense. Ces étendues, cet éloignement, cet endroit privé d'électricité 20h par jour, aux canalisations souvent gelées, au téléphone récalcitrant devenait le nôtre. Les jeunes l'ont aimé instantanément. C'était chez nous. Le groupe devenait un disciple de la nature. C'était fascinant.
Ce soir là, Tony Paré se familiarise avec chaque jeune. Il sera responsable des raids. Ce sont ses chiens qui accompagneront les ados. Des malamutes d'Alaska, puissants et superbes.
Juste avant, on a découvert ce pour quoi avant tout, on a fait ce grand voyage : les traîneaux adaptés. Jusqu'ici, on les avait vu sur image de synthèse. Ces engins n'ont plus rien à voir avec des traîneaux traditionnels. Ils sont en fibre de verre et aluminium. Equipés d'une nacelle aux parois extérieures jaunes. Des suspensions pour amortir les chocs, un frein pour le passager… il s'agit de prototypes construits par MS Composite en France, suite à une démarche de Nicolas Vanier, spécialiste des raids en traîneau à chiens dans le grand nord.
Les " fauteuils Volants " seront les premiers à embarquer dedans. A l'arrière de chaque traîneau, il y a le conducteur de traîneau qu'on appelle le musher. Chaque jeune sera conduit par un professionnel. Les accompagnants du groupe (Christian, Bruno, Dominique, Serge, Guy) auront leur propre attelage et un traîneau traditionnel.
Au moment du départ, le groupe est divisé en 2. Partent donc dans un premier temps : Marie, Estelle, Ludo, Thibaut, Christian, Bruno et moi.

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