LES FAUTEUILS VOLANTS : Notre défi en traîneau à chiens dans le nord du Canada

LES FAUTEUILS VOLANTS : Notre défi en traîneau à chiens dans le nord du Canada

Résumé : Le départ fut fixé au premier mars 2003. Les vacances de carnaval commencent. Comme déguisement, on a choisi des cagoules, des écharpes, des vestes en gore tex, gants, sous gants, deux couches de chaussettes, bref...
 
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Le départ fut fixé au premier mars 2003. Les vacances de carnaval commencent. Comme déguisement, on a choisi des cagoules, des écharpes, des vestes en gore tex, gants, sous gants, deux couches de chaussettes, bref, pendant une semaine, on va ressembler à des coureurs des bois, à des aventuriers venus titiller le grand nord.
L'avion est à l'heure. Décollage vers Montréal. On roulera ensuite vers Shawinigan en Mauricie, puis Saint Félicien et son parc animalier. Il réunit l'ensemble des espèces sauvages d'Amérique du Nord.
Le lendemain, on viendra nous chercher pour prendre la direction du Camp des Ecorces, au nord est du Lac Saint Jean, dans la province du Québec. C'est là que l'aventure commence vraiment.
Les " Fauteuils Volants " sont au nombre de 8. Il y a Rosalie, Estelle, Marie, Céline, Sébastien, Ludovic, Thibaut et Raphaël.
Ils ont essentiellement deux choses en commun : un handicap moteur et un amour fou de la vie.
Autour d'eux, avec eux, pour les encadrer et répondre à leurs besoins : Guy, Christian, Serge, Bruno, Dominique et moi même.
On se connaît bien. On sait que le moment est venu de se découvrir vraiment. Tout le monde sait ce qu'il a à faire, la philosophie à adopter, celle de ne fournir de l'aide que si celle ci à été préalablement sollicitée.
La solidarité s'installera toute seule. Dès le départ de Zaventem. A aucun moment, elle faillira.
Des mois de patience, de rêves, d'heures passées à imaginer ce qui se passerait une fois là bas, une fois l'action entamée.
Quand le top départ est donné, ce qu'on éprouve est très difficile à traduire. Il y a une concentration maximale chez tout le monde. On a d'yeux que pour ce qui nous entoure. C'est de l'extase, de l'évasion, du jamais vécu.
L'hiver québécois n'a pas failli à sa réputation. –15° le premier matin !
Le lendemain, radios et télés ne parlent que de ça : -47° avec " le facteur vent " comme ils disent ! Début mars, c'est presque indécent.
Pas de chance, direz-vous, juste au moment où on arrive. Et bien on a pas vu ça sous cet angle là. Cette température polaire était une exclusivité. Et on y était.
Les jeunes ont vécu ça comme un défi. Comme une découverte fascinante.
" On est sorti dehors, il faisait –47°, tu te rends compte ! "
Nos héros n'ont pas été jusqu'à traîner pour prendre place dans le bus. Estelle a vu sa veste se figer en quelques secondes. Le peu d'humidité contenue dans les fibres textiles ont gelé ! On a trouvé ça génial.
A cet instant, le groupe est à Alma, à l'est du Lac Saint Jean, une gigantesque mer intérieure. Le bus avance sur une route de film. Forêts à gauche, forêt à droite, route enneigée. La seule chose qu'on croise de temps en temps, ce sont des camions monstrueux chargés de troncs d'arbres interminables.
On y est. Le mythe des grands espaces, ça doit être ça…
On roule ainsi pendant une bonne heure, jusqu'au kilomètre 22. C'est la fin du parcours routier. Sur le côté, entre les congères, nous attendent une chenillette, des motoneiges et des luges pour charger les bagages.
Il y avait de la folie dans cette opération de transfert.
Essayez d'imaginer la scène. Il fait –40°, il faut sortir du bus, installer une partie du groupe dans une chenillette construite en 1945 ! Intérieur en bois. Espace minuscule ! ! On charge les chaises roulantes, chaise toilettes, cadre de marche sur des traîneaux fixés à l'arrière des motoneiges. Les manipulations sont laborieuses mais tout le monde s'amuse. On fait tout ce que normalement on ne pourrait pas faire. Et c'est ça qui nous transcende !
Trois personnes doivent embarquer sur les motoneiges. Malgré le froid polaire, tout le monde est volontaire. Marie, Sébastien et Christian (un des accompagnants) seront ceux là. L'équipe du Camp des Ecorces leur fournit les équipements (bottes, vestes).

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