Tourisme adapté en Rhône-Alpes: Une stratégie concertée

Tourisme adapté en Rhône-Alpes: Une stratégie concertée

Résumé : Malgré le cadre général en faveur des personnes handicapées, faisant de leur intégration, une obligation nationale, il est légitime de s'interroger sur la persistance discrimination à leur égard dans l'accès au tourisme...
 
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Malgré le cadre général en faveur des personnes handicapées, faisant de leur intégration, une obligation nationale, il est légitime de s'interroger sur la persistance discrimination à leur égard dans l'accès au tourisme. Reconnu pourtant comme un des éléments essentiels de la vie sociale, le plein accès des personnes handicapées aux vacances et aux loisirs reste encore trop souvent ignoré. Néanmoins, l'expression d'une demande croissante de tourisme et de loisirs personnelle de la part des personnes handicapées incite les professionnels du tourisme à intégrer l'existence d'un marché potentiel. C'est dans ce contexte que la Région Rhône-Alpes, travaille depuis trois ans avec son comité régional du tourisme sur la meilleure manière de développer le tourisme adapté. Il a fallu développer et mettre en place différents concepts et procédures qui font maintenant de cette région un pilote en la matière.

Dans un premier temps, il fallait répondre à la définition du tourisme adapté et des personnes à qui il s'adressait mais aussi de son potentiel pour que les professionnels y voient un intérêt autre que citoyen. Ces premiers pas franchis, une collaboration assidue avec l'association nationale Tourisme & Handicap, des professionnels du tourisme qu'il soient privés ou institutionnels et bien sûr des association représentatives de quatre grandes familles de handicaps ont permis de cerner la demande des uns et les attentes des autres. Mais aussi de mesurer les coûts de cette politique pour qu'une stratégie de développement puissent naître.
Dans ce cadre certains comité départementaux du tourisme ont pris position ainsi que des Conseils généraux pour participer localement à la mise en place de labels de tourisme adapté, comme d'une communication auprès des professionnels et du grand public. L'essentiel étant d'avoir une gamme de produits à proposer avant de se lancer dans la communication.
Aujourd'hui cette politique devient une réalité qui fait appel de manière permanente à un comité de pilotage régional au sein de la région Rhône-Alpes.

Un procédure stricte
Deux binômes d'experts spécialement formés aux normes du label parcourent la région pour examiner les sites des professionnels qui font une demande. Ils appliquent une grille d'évaluation pour connaître la cohérence entre le type de label demandé et si nécessaire les travaux à effectuer pour l'obtenir. Une fois cette démarche effectuée, une commission régionale, examine le rapport des experts et transmet à l'association Tourisme & Handicap
les dossier immédiatement labellisables. Cette dernière attribue ou non le label. Les dossiers non retenus peuvent être représentés après que les travaux nécessaires à l'accueil des personnes handicapées aient été effectués.

Le Comité de Pilotage du tourisme adapté s'est penché sur les attentes que pouvait avoir une personne handicapée qui prend ses vacances en Rhône-Alpes. Il en ressort que d'avoir des sites labellisés c'est bien, mais ce qui compte c'est que dans un périmètre de quelques kilomètres, elle puisse trouver un choix de logement, de restauration, de divertissements, de visites à effectuer, et des cheminements, accessibles et adaptés. Le concept de "territoire de séjour adapté" était né. D'ici deux ans, la région va participer en plus des labels attribués, au développement de dix territoires de séjour adaptés. Si l'offre n'est pas suffisante pour un séjour, du fait de l'absence de logements, il s'agira d'un "territoire d'excursion adaptée" répondant à la demande d'une journée. Ce développement se fera bien sûr en cohésion avec les CDT et les Conseils généraux qui ont en local des politiques de développement touristique.

Les territoires sélectionnés pourront être financièrement aidés de manière conjointe par la Région, le Conseil général, le CDT et éventuellement l'Europe. Aujourd'hui une dizaine de sites sont labellisés et de nombreuses demandes sont en cours de traitement.