Où partir quand on est une personne handicapée...

Où partir quand on est une personne handicapée...

Résumé : Voyager, trouver un hébergement et des loisirs adaptés reste difficile et coûteux pour les personnes handicapées, malgré les progrès réalisés en accessibilité des sites et les initiatives originales pour que le rêve devienne réalité.
 
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PARIS, 15 juil 2007 (AFP) -

"La France, pays du tourisme, est encore très en retard", déplore la Fnath (Fédération nationale des accidentés de la vie, 200.000 adhérents), malgré l'obligation d'accessibilité inscrite dans la loi 2005 pour les établissements accueillant du public, et le développement récent de l'offre commerciale, sites web et guides.
Quelque six millions de personnes en France souffrent de handicap, et 20% d'entre elles souhaiteraient partir plus souvent, selon l'association Tourisme et Handicaps, qui estime que "la demande insatisfaite représente plusieurs millions de nuitées".

Chargée par le ministère du Tourisme de recenser les sites adaptés au handicap, elle a attribué, depuis 2001, 2.200 labels.
Pour la Fnath, il s'agit d'un réel progrès, mais "le label est long à se mettre en place, il y a encore beaucoup d'endroits où l'accès reste très compliqué, et pour un handicapé, les mauvaises surprises peuvent être catastrophiques".

Par exemple, un hôtel se dit "accessible" parce qu'il dispose d'un ascenseur, mais l'espace entre le lit et la cloison ne laisse pas passer un fauteuil roulant, ou la porte de la salle de bain est trop étroite, témoigne une adhérente.
La loi est moins exigeante pour les établissements anciens, explique Arnaud de Broca, de la Fnath. "Ce sont les hôtels de catégories supérieures qui sont les plus accessibles, et financièrement, cela pose problème".
Les vacances coûtent cher lorsqu'on doit prévoir des aides, un accompagnement, des moyens de transport particuliers. "La prestation de compensation est largement insuffisante", constatent les associations.

Pour partir avec l'APF (Association des paralysés de France), le vacancier handicapé doit payer le séjour de son accompagnateur bénévole.
"Ce lien entre des personnes qui ne se seraient sans doute jamais croisées fait toute la richesse des séjours", souligne Céline Lorenzo, d'APF Evasion, qui, comme chaque année, vient de lancer un appel aux bonnes volontés.

Côté loisirs, les progrès sont réels.

Des "handiplages" sont équipées de "tiralos", fauteuil amphibie, ou de tapis menant à l'eau. "Mais le regard des gens est encore difficile à supporter, les valides ne sont pas à l'aise face à un groupe de handicapés sur la plage", témoigne Mme Lorenzo.

La montagne s'apprivoise grâce au développement d'aides techniques comme le "fauteuil tout terrain" (FTT), ou la "joëlette", fauteuil mono roue muni de brancards qui permet d'emprunter, avec l'aide de deux personnes valides, les sentiers de randonnée.
Des associations comme "Handi Cap Evasion" associent valides et handicapés.
Le "marché du tourisme handicapé" se développe souvent à l'initiative de personnes elles-mêmes handicapées, bien au fait des problèmes rencontrés.
Ludovic Rey-Robert, triple médaillé paralympique, a lancé un service en ligne www.vitavietravel.com ) pour les personnes handicapées désireux de partir en individuel à l'étranger, qui fournit aides ou accompagnements ponctuels, selon les besoins.

Des guides paraissent, comme le "Petit Futé, Handitourisme 2006-2007" ou "Faire face, Guide vacances 2007" de l'APF.
"La Bretagne accessible" (mutuelle Intégrance) est le premier titre d'une collection lancée par Franck Vermet, tétraplégique et grand voyageur.

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