Un cinéma parisien s'équipe pour accueillir malvoyants et malentendants

Un cinéma parisien s'équipe pour accueillir malvoyants et malentendants

Résumé : Des dizaines de malvoyants et de malentendants ont afflué mardi soir au cinéma parisien 'L'Arlequin
 
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PARIS, 22 sept 2004 (AFP) - Deux salles de "L'Arlequin" ont été équipées de façon à pouvoir proposer des projections avec sous-titrage et audio-description (des casques
individuels proposent en voix off la description des actions, en complément des dialogues).
Le coup d'envoi a été donné en présence du maire et de son adjoint à la Culture Christophe Girard avec une avant-première du dernier film d'Agnès Jaoui, "Comme une image", couronné par le prix du meilleur scénario à Cannes.
"Dans un cinéma parisien, les personnes ayant un handicap sont enfin traitées comme les autres", a commenté le maire. "L'idée, c'est de faire des petits", a ajouté M. Girard, espérant que cette initiative serait reprise par d'autres cinémas.
"Je trouve ça très bien, car mon fils aime le cinéma", a expliqué Malika, 40 ans, qui accompagnait son fils sourd de 18 ans, Jamel.
Monique, 66 ans et aveugle, a renchéri en vantant les avantages de l'audio-description : "Si par exemple quelqu'un ouvre un tiroir et sort un revolver, c'est important de le savoir".
"Je trouve que c'est une initiative extraordinaire. Plus les années passent, plus le fossé avec la 'normalité' s'efface", a estimé Annie Wilzuis, marraine de Cécifoot, un club de football pour malvoyants.
L'audio-description et le sous-titrage, qui représentent un coût de 7.500 euros par film, ont été pris en charge par la mairie de Paris. Un partenariat à hauteur de 20.000 euros a par ailleurs été monté avec la société Dolby pour l'équipement des salles en casques infra-rouges.
La France est en retard dans l'accessibilité du cinéma aux malentendants et malvoyants : en Angleterre, 120 films ont déjà été présentés dans une version adaptée à leur intention. En France, les malentendants devaient jusqu'ici se contenter des films étrangers présentés au cinéma en version sous-titrée, pénalisant de fait les production françaises.
"L'idée est de sensibiliser le monde du cinéma à la problématique du handicap sensoriel afin qu'il se rende compte qu'il existe un public qui veut se déplacer dans les cinémas et voir autre chose que des films américains sous-titrés", a expliqué Christophe Girard.
A "L'Arlequin", une séance quotidienne à 18H00 est prévue en semaine à compter de mercredi. La directrice du cinéma, Sophie Dulac, s'est en outre engagée à organiser deux séances quotidiennes le week-end à 14h00 et 20h00.
Dès le 27 octobre, un autre film sera présenté en version sous-titrée et audio-décrite : "Un long dimanche de fiançailles" de Jean-Pierre Jeunet, avec Audrey Tautou.
La Mission Cinéma de la Ville de Paris souhaite dans un premier temps sous-titrer et audio-décrire quatre à cinq films par an (pour un coût unitaire de 7.500 euros). La mairie estime à environ 50.000 personnes le nombre de malentendants et malvoyants à Paris, mais ce projet concerne aussi les personnes âgées.
Outre les malentendants et les malvoyants, Bertrand Delanoë a annoncé mardi soir que des crédits allaient être débloqués pour "les cinémas qui s'équipent afin d'accueillir les personnes à mobilité réduite".
(76, rue de Rennes - Paris VIe - 08 92 89 28 92)
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